À la une de la Côte d'Ivoire - dernières nouvelles et analyses approfondies
Contact
Rechercher
musique

REPORTAGE. \"On a besoin de ces tests” : vers une légalisation des tests ADN à visée généalogique en France ?

May 6, 2026

IDOPRESS

Photo d'illustration. Une proposition de loi visant à garantir le droit d'accès aux origines personnelles est examinée en commission à partir du mercredi 6 mai. (Maja Coric / E+)

On estime qu'un million et demi de Français ont déjà contourné l'interdiction des tests ADN à visée généalogique,non pas par curiosité,mais parce que c'était vital pour eux. Adoptées,nées sous X ou d'un don de gamètes dans le cadre d'une PMA,les personnes qui y ont recours n'ont que ce moyen pour accéder à leurs origines. La proposition de loi sur la légalisation de ces tests est examinée en commission,mercredi 6 mai 2026,à l'initiative du groupe Ensemble pour la République. Le débat dans l'hémicycle commencera lundi 11 mai.

À lire aussi

Accouchement sous X : un rapport recommande de favoriser l'accès de l'enfant à ses origines plutôt que le droit au secret de la mère

Un flou autour des adoptions internationales

Depuis la loi de bioéthique de 2011,et l'interdiction de ces tests à visée généalogique,retrouver ses parents biologiques "est devenu très compliqué",témoigne Céline,née en 1982,au Sri Lanka. Elle a été adoptée à l'âge d'un an,mais a retrouvé sa mère biologique il y a seulement quelques années. Pour elle,ces tests sont d'autant plus importants dans le cadre d'adoptions internationales,qui ne sont pas toujours très transparentes,et avec "beaucoup de falsifications de papiers ou de présentations de fausses mères biologiques",dit-elle.

"On a besoin de ce test ADN parce qu'il y a eu beaucoup de pratiques illégales dans le cadre des adoptions internationales."

Céline,adoptée à l'âge d'un anà franceinfo

À lire aussi

:

Reportage

Adoption internationale illégale : l’incroyable combat d’une mère éthiopienne pour retrouver ses filles adoptées en France

Une démarche très délicate

"Pour moi,c'était très important d'avoir une preuve scientifique,quelque chose qui atteste de la filiation,pour pouvoir faire cette rencontre de manière sereine",explique Céline. "Parce que ça peut faire énormément de dégâts,de rencontrer une famille qui n'est pas la sienne. La recherche des origines est déjà quelque chose qui touche à l'intime et qui remue énormément."

Malgré sa bonne volonté,Céline décrit un parcours du combattant. Elle a d'abord demandé à des laboratoires français de faire ces tests,qui ont évidemment refusé. Alors elle a pris contact aux Pays-Bas. "Ils ont réussi à m'envoyer les deux tests ADN vierges,pour ma mère biologique et pour moi",raconte-t-elle.

"Quand j'ai renvoyé mon test ADN,on me l'a bloqué à la douane,on me l'a renvoyé plusieurs fois."

Célineà franceinfo

"À force,je me suis dit qu'il fallait que j'enlève le packaging du laboratoire et que je fasse passer ces cotons-tiges comme un courrier lambda. C'est ce que j'ai fait",confie Céline. Elle a dissimulé les cotons-tiges dans des affaires de toilette,tout en avouant que cela la met mal à l'aise encore aujourd'hui. "J'ai l'impression que des policiers vont arriver et vont me mettre 3 000 euros d'amende."

Céline trouve cela injuste,elle considère que l'accès aux origines devrait être un droit. Finalement,après 6 mois,elle a reçu les résultats juste avant que son avion ne décolle pour le Sri Lanka,où elle a retrouvé la femme qui l'a mise au monde. Si pour Céline,le test a validé ses recherches,c'est le plus souvent le point de départ,notamment pour les enfants nés dans le cadre d'une PMA,avec don de gamètes.

Se marier sans le savoir avec un demi-frère ?

Depuis 2021,il n'y a plus de don anonyme. La loi prévoit que lorsqu'ils seront majeurs,les enfants concernés auront accès à l'identité du donneur. Cette loi ne règle donc rien pour tous ceux qui sont nés avant,comme Audrey,une avocate de 48 ans. "J'ai appris à 29 ans que j'étais issue d'une PMA avec tiers donneur,alors que je me suis spécialisée en droit de la bioéthique. Je suis issue d'un don réalisé à l'hôpital Necker,mon donneur a été rémunéré. Et à l'époque,il n'y avait pas de limite au nombre d'enfants qu'on pouvait faire avec un même donneur."

D'où la panique avant son mariage,car son fiancé était un homme lui-même né grâce à une PMA. Elle craignait une possible consanguinité,mais la justice refusait de lui apporter des réponses. Le couple a décidé de faire un test ADN en passant par un laboratoire américain,qui a ensuite comparé les résultats avec ceux de sa base de données.

"J'ai retrouvé tout de suite une demi-sœur,dont j'avais été l'avocate,sept ans plus tôt,raconte Audrey. Et après,c'est une question de temps. Mon mari a retrouvé tout de suite ses origines. Il a fait le test et a eu un 'match' avec une Londonienne. Onze heures plus tard,il avait un nom,une identité. Et Gérard,qui habite à une heure et quart de chez nous,était hypercontent d'être retrouvé."

"Bien qu'il soit décédé,sa famille m'a raconté son histoire"

"Moi aussi,j'ai fini par gagner au loto génétique,poursuit Audrey. J'ai eu ce fameux match,qui m'a permis de remonter jusqu'à la piste de mon donneur. Bien qu'il soit décédé,sa famille m'a raconté toute son histoire",révèle-t-elle. "Je sais qu'il a joué dans certains films,donc ça me permet de le voir dedans. Ça me permet aussi de comprendre sa personnalité et de mieux comprendre,parfois,mes enfants. Je me sens enfin ancrée,maintenant je marche sur mes deux jambes."

"C'est marrant,parce que j'ai trois enfants,je retrouve les traits de mon donneur aussi dans leurs visages."

Audrey,qui a retrouvé l'identité de son géniteurà franceinfo

Les tests ADN à visée généalogique sont aussi un espoir pour les enfants nés sous X,quand rien ou presque n'a été laissé dans leur dossier. Pour trouver des correspondances il faut tout de même que beaucoup de gens aient fait le test et accepté de laisser leur ADN dans la base associée au test réalisé.

L'opération ne marche pas à tous les coups,dans le cas d’Elodie,qui est née sous X,à Niort en 1978 les résultats ont été décevants. Elle s'est découvert des origines probablement portugaises,mais s'est toutefois surtout sentie désemparée face aux résultats qui lui ont été envoyés avec le nom et le mail de quelque 4 000 personnes mais avec très peu d'ADN en commun. "J'ai eu connaissance d'un détective privé spécialisé qui avait de forts pourcentages de réussite. J'ai demandé un devis,c'était dans les 3 000 ou 4 000 € donc je n'ai pas donné suite. Après,je ne ferme pas la porte. Peut-être qu'un jour,si rien ne fonctionne,pourquoi pas."

Pour l'instant,Elodie se fait accompagner par une généalogiste bénévole dans une association et elle envisage un nouveau test pour avoir accès à des comparaisons dans une autre base de données. Un meilleur accompagnement fait partie des revendications des associations qui militent pour la légalisation de ces tests.

À la une de la Côte d'Ivoire - dernières nouvelles et analyses approfondies

CIDaily fournit la couverture médiatique la plus actuelle et la plus complète de la Côte d'Ivoire. Couvrant plusieurs domaines tels que la politique, l'économie, la société, la culture et le sport, ainsi qu'une analyse approfondie des relations internationales et des événements nationaux importants. Que vous suiviez les développements locaux ou les influences internationales, voici votre meilleure source d'informations sur la Côte d'Ivoire. Nous nous engageons à aider les lecteurs à comprendre la situation actuelle et future de la Côte d'Ivoire à travers des reportages précis, objectifs et approfondis, tout en nous concentrant sur les défis et les opportunités de développement auxquels elle est confrontée.