
Devant les locaux de Sciences Po Paris,le 7 mai 2024. DIMITAR DILKOFF / AFP Sciences Po doit-elle prendre position sur les sujets sociaux,politiques et géopolitiques du moment ? La question est sensible depuis seize mois,alors qu’une mobilisation étudiante cherche,en vain,à obtenir de la part de l’école une dénonciation des crimes commis par l’armée israélienne à Gaza en représailles aux attentats terroristes perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023.
Le nouveau directeur de l’établissement,Luis Vassy,veut clarifier les choses en proposant une « doctrine » relative au positionnement de l’institution sur des sujets d’actualité. Le document qui est présenté au conseil de l’Institut – composé d’enseignants,de salariés,d’étudiants –,mardi 11 février,fera l’objet de deux votes,l’un dans ce même conseil,le 18 mars,et l’autre lors du conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques,le 12 mars.
Après avoir obtenu du Conseil d’Etat l’annulation d’une conférence de l’eurodéputée franco-palestinienne « insoumise » Rima Hassan,fin novembre 2024,Luis Vassy affiche l’ambition de ne pas faire de Sciences Po un « objet politique ». Très prudente,cette nouvelle doctrine fait prévaloir le principe de la « réserve institutionnelle » en vertu duquel l’établissement ne saurait s’exprimer sur un conflit en cours. Elle trouve sa source dans un rapport interne d’une quarantaine de pages qu’a consulté Le Monde.
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